| Partie
du Mémoire de licence ,
sous la direction du professeur Othmar KEEL,
présenté à la Faculté de Théologie,
Fribourg (Suisse)
Septembre 2001 - Olivier JELEN
« Saint Francis is not alone in his concern for
"brother and sister" creatures -as he called
them. The lives of more than two-thirds of canonized saints
-east and west- demonstrate a practical concern for, and
befriending of, animals, which was often in sharp contrast
to the conventional view of their contemporaries »
.
Dans
l’iconographie chrétienne le chien a un rôle
positif et actif à jouer aux côtés
des saints. On différencie le chien berger de saint
Wendelin du chien de chasse de saint
Eustache, saint
Hubert et saint
Julien l’Hospitalier. On différencie
aussi le chien blanc apparaissant dans l’hagiographie
de saint Bernard de Clairvaux
du chien blanc et noir de saint
Dominique portant un flambeau dans sa
gueule. Toutes ses possibilités, en comparaison
avec le chat qui n’est mentionné comme attribut
d’un saint qu’une fois -saint
Cadoc-, démontrent la richesse
et la haute fréquence dans l’utilisation
du chien .
Si on représente souvent Dominique
de Guzman (1170-1221), fondateur des frères
prêcheurs, avec un chien, c’est
parce que sa mère, Jeanne d’Aza, vit à
la naissance de son fils un chien assis sur le lit avec
une torche dans la gueule ! De même
dans la peinture dominicaine, on verra les chiens mettre
en fuite les loups (hérétiques) qui s’attaquent
aux brebis (fidèles). Des analogies pourront être
tirées avec les peintures des jésuites lors
de la Contre-Réforme.
Avec
saint Bernard,
fondateur de l’abbaye de Clairvaux, on retrouve
l’élément du chien, signe d’une
destinée exceptionnelle de l’enfant qui naît,
puisque c’est avant
sa naissance que sa mère rêve qu’elle
met au monde un chien blanc qui chasse les ennemis de
Dieu. Enfin retenons que le chien -généralement
un épagneul- figure également comme attribut
de sainte Marguerite de Cortone.
Pour notre étude, nous avons privilégié
deux exemples de saints régulièrement accompagnés
dans la ferveur populaire par un chien. Le premier est
un saint des plus populaires du Moyen Âge et c’est
un parfait témoin de cette époque de par
sa lutte héroïque contre le fléau de
la peste. Le second plus moderne constitue également
un saint dévoué à la cause de Dieu
et à la différence du premier, à
l’éducation des enfants. Nous insérons
cependant avant de nous arrêter sur les cas des
deux saints susmentionnés, le
cas d’un saint qui fut en « chair et en os
» un chien ! Ce chien, appelé saint Guinefort,
constitue une particularité
rare dans toute l’histoire du Christianisme.
Il a été abondamment étudié
par l’historien Jean-Claude Schmitt.
Saint Guinefort

Dans
la représentation positive du chien, la fidélité
constitue la qualité la plus anciennement et universellement
attestée. Comme dans la fameuse histoire au Moyen
Âge de Tristan et Iseut, où
le chien de Tristan, Husdent malgré sa fidélité
se fait presque tuer par son maître, ce dernier
ayant peur que les aboiements de son chien ne révèlent
sa cachette, l’histoire de saint
Guinefort constitue également une histoire d’une
fidélité mal récompensée.
En
effet, l’histoire
de saint Guinefort, basée sur des faits réels,
est le récit d’un chien qui a eu le malheur,
dans l’exercice de ses devoirs et donc dans sa fidélité,
d’être tué par son propre maître
! Saint Guinefort, en fait un lévrier ,
après avoir protégé l’enfant
de son maître couché dans un berceau de l’attaque
d’un grand serpent, se fait tuer par son maître,
le chevalier de Villars. Le chien avait eu auparavant
le temps de tuer le serpent et donc de protéger
efficacement le bébé, mais sa propre gueule,
sa tête et une partie du berceau inondés
de sang de la part du serpent, laissèrent croire
qu’il avait attaqué l’enfant ! La nourrice
entrant dans la pièce de l’enfant «
dormant doucement »
est horrifiée croyant que l’enfant est mort
et criant, fait accourir le maître qui dans la précipitation
sans réfléchir, voyant le berceau tacheté
de sang et croyant l’enfant attaqué par son
chien, dégaine son épée et abat le
chien sans aucune autre forme de procès !
Plus tard, en découvrant la vérité
et sa tragique méprise, le chevalier est pris de
remords et enterre son chien près du château.
Il plante même des arbres près de son tombeau
! « Par la volonté
divine (comme punition ?), le château fut détruit
et la terre, ramenée à l’état
de désert, abandonnée par l’habitant
»
.
C’est
alors, quelques siècles plus tard, qu’intervient
le dominicain -Domini canes
(!)- Etienne de Bourbon qui en tant
qu’inquisiteur relate et reconstruit toute l’histoire
pour extirper définitivement le culte et le pèlerinage
qui s’étaient créés autour
du tombeau de Guinefort. En effet, « les paysans,
entendant parler de la noble conduite du chien et dire
comment il avait été tué, quoique
innocent et pour une chose dont il dut attendre du bien,
visitèrent le lieu, honorèrent
le chien tel un martyr ». Le lieu
d’ensevelissement de l’animal « martyr
» était devenu un lieu
de pèlerinage pour sauver les enfants malades.
Plutôt
que les paysans s’étaient surtout les femmes
qui ayant des enfants faibles et malades demandaient son
intercession céleste ! Au lieu présumé
du tombeau du « saint
lévrier » étaient
apportés des langes de bébés, des
chaussons ou des petits souliers en guise d’ex-voto,
des pièces de monnaie, des clous et on y exposait
même pendant un court laps de temps des enfants
nus.
Saint
Guinefort est donc devenu d’après le rapport
de l’enquête menée par Etienne de Bourbon,
ce dernier ne pouvant en aucun cas toléré
ce culte qu’il juge comme supersticieux, un
saint très vénéré dans la
région française du Rhône-Alpes et
des Dombes. Malgré les actions
enregistrées par l’inquisiteur au cours du
XIII°s.,«
nous (=Etienne de Bourbon) avons fait exhumer le chien
mort et couper le bois sacré, et nous avons fait
brûler celui-ci avec les ossements du chien. Et
j’ai fait prendre par les seigneurs de la terre
un édit prévoyant la saisie et le rachat
des biens de ceux qui afflueraient désormais en
ce lieu pour une telle raison »
L’historien
français Schmitt a encore
retrouvé au milieu du XX°s. des traces du culte
et du pèlerinage
et a pu démontrer que le «
saint lévrier » était encore
bien vénéré même après
sa condamnation par l’Eglise catholique ! Gageons
que la protection du saint lévrier n’était
pas si inefficace et inutile, mais de là à
dire qu’elle était voulue ou autorisée
par Dieu…!
Saint
Roch

De
par les superlatifs suivants : « Un
des saints les plus vénérés dans
le monde catholique » ,
« un des saints les plus populaires »
, saint Roch
devrait être au-dessus de tout soupçon. Et
pourtant malgré sa célébrité
sa biographie demeure
mystérieuse, peu de saints du Moyen Âge ayant
suscité « autant de controverses »
.
On a même pu mettre
« sa réalité historique en doute »
et aller jusqu’à
nier l’existence du saint. Pour
ce côté énigmatique, légendaire
et mystérieux saint
Roch peut facilement être mis en
parallèle avec saint Christophe.
A l’exemple d’ailleurs de saint
Christophe, saint Roch fait partie des
quatorze saints auxiliaires
et l’élément canin, même si
aucun auteur semble avoir travaillé sur ce lien,
y joue également un grand rôle
(cf. fig. n° XXVIII).
Sur
la vie de saint Roch on dispose, malgré les contradictions
typiques pour le Moyen Âge du XII au XIV°s.,
de faits plus ou moins établis. Il serait né
à la fin du XIII°, le Larousse
-qui suit fidèlement le récit de la Vie
de Saint Roch par le Vénitien Francesco Diedo-
évoquant même la date de 1295, avec comme
lieu de naissance Montpellier. Toujours selon le Larousse
il serait également mort dans cette ville du sud
de la France vers 1327. Selon d’autres traditions
par contre -notamment les Acta brevoria écrits
en Lombardie vers 1430- saint Roch se serait rendu à
Rome dans la seconde moitié du XIV° s. pour
se mettre au service des pèlerins malades. Ce
qui demeure commun aux deux récits et ce qui a
contribué à la popularité de saint
Roch, c’est le dévouement, sans condition
et jusqu’à son propre épuisement et
sa propre mort, de ce saint exemplaire aux malades et
surtout aux pestiférés.
Dès
sa plus jeune enfance saint Roch montre des dispositions
extraordinaires : « Quand il eut douze ans,
il renonça entièrement à tout ce
qu’il y a de plus agréable et de plus éclatant
dans le siècle : son seul plaisir était
de faire du bien aux pauvres et aux étrangers,
et il les assistait avec la même charité
qu’il aurait montrée à ses propres
frères »
. Dieu confère à Roch, selon le récit
hagiographique, le don exceptionnel de pouvoir de guérison
sur la peste. Roch devient le «
médecin des pestiférés » contribuant
par le seul acte de toucher de sa main droite le malade
en lui faisant le signe de croix, à guérir
le malheureux. Sillonnant les villes d’Italie où
il guérit les malades de la peste partout où
il passe, il rencontre le pape Boniface VIII voire Benoît
XI
qui voyant « des
rayons de lumière sortir de ses yeux et de son
visage, reconnut l’excellence de sa vertu ».
De
plus en plus fatigué, Roch tombe lui-même
malade aux abords de la ville de Plaisance. Ne souhaitant
être à la charge de personne, il se retire
secrètement dans la forêt voisine et se cache
dans une minuscule cabane. C’est
là qu’un chien de meute vient régulièrement
lui rendre visite, lui apportant toujours de quoi manger,
à savoir un petit pain. Le maître du chien,
Gothard, un riche, ne s’aperçoit qu’après
plusieurs fois du manège de son chien :
« …comme il était
à table, un de ses chiens vint à lui et
lui prit un pain qu’il avait à la main. Il
lui sourit, croyant qu’il le faisait par la privauté
ou par nécessité, et le laissa faire ; et
ce chien porta ce pain à saint Roch. Le lendemain,
il fit la même chose à dîner et à
souper ». Suivant
discrètement son chien, Gothard découvre
la malheureuse cachette de saint Roch.
Dieu
à travers un autre miracle finit par guérir
saint Roch de sa maladie, lui donnant l’ordre de
rentrer chez lui à Montpellier. Pour ne pas recevoir
les honneurs dans sa ville natale, Roch y rentre si bien
caché qu’on le prend pour un espion. On le
met aussitôt en prison -c’est même son
oncle qui ne le reconnaissant pas et Roch laissant faire
l’y met- où il tombe à nouveau malade
et finalement meurt, le 16 août, non sans avoir
auparavant demander au Seigneur la grâce de préserver
et de délivrer de la peste ceux et celles qui imploreraient
son secours .
Son geôlier découvre à la mort de
son détenu non seulement le corps illuminé
de saint Roch par «
des lampes allumées à sa tête et à
ses pieds »
mais également un
« petit écriteau
(…) où ces mots étaient imprimés
: Ceux qui étant frappés de peste auront
recours à l’intercession de Roch, seront
délivrés de cette cruelle maladie »
.
La distribution des ossements de Saint Roch et sa demande
en patronage de nombreuses villes constituent un signe
de son extrême popularité : Montpellier (F),
Venise (I), Arles (F), Grenade (E), Villejuif (F), Salon
(F). Le culte de saint Roch se rencontre donc aussi bien
en France qu’en Italie et en Espagne. Malgré
les doutes quant à l’historicité de
tous les éléments précités,
nous partageons l’avis de l’historien Vauchez,
selon qui saint Roch était
un «
pèlerin laïque, peut-être originaire
du Languedoc (…) et qui se signala, une fois parvenu
en Italie, par son zèle en faveur des malades et
son efficacité thaumaturgique »
.
La
confrérie fondée en son honneur à
Venise, la fameuse Scuola
di San Rocco,
représente souvent
un chien dans
les peintures illustrant la vie de son saint patron. Cette
confrérie, fondée en 1477 et dont un des
grands maître fut le Tintoret, s’était
dotée d’une
église abritant des reliques de saint Roch.
En dépit de son succès,
il faudra pourtant attendre
le XVII°s. pour que le culte et la vénération
de saint Roch soient dotés par l’Eglise catholique
romaine d’un
statut liturgique et canonique en règle, ce qui
permet de dire que dans le cas de saint Roch,
c’est surtout le peuple
qui a contribué à lui créer une aura
de saint avant même d’avoir attendu l’aval
de la hiérarchie catholique
.
Le
chien a-t-il contribué à la popularité
du saint ? Ce n’est évidemment de loin pas
le point essentiel pour les récits hagiographiques,
saint Roch étant surtout invoqué pour prévenir
les maladies contagieuses et la peste. Mais cet élément
canin, que l’on retrouve surtout dans les représentations
picturales et sculpturales, reste très présent
dans l’art
. C’est probablement
l’attribut du chien qui a contribué au choix
de saint Roch comme protecteur des animaux,
plus particulièrement du bétail. Ainsi les
paysans n’hésiteront-ils pas à l’invoquer
lors de certaines maladies de leur bétail (peste
porcine, épizooties, peste bovine…)
.
Notons enfin que suite à la « contamination
» de l’histoire de saint Roch avec celle de
saint Lazare, également patron des lépreux,
le chien se verra souvent
représenter sur les peintures en train de lécher
les plaies de saint Roch
.
Saint Jean
Bosco, dit don Bosco

Au
XIX° s. un chien mystérieux,
voire « miraculeux »
dont l’histoire ne peut être mise en question
puisqu’elle est même
attestée dans le procès de canonisation,
sauve la vie
à un célèbre prêtre éducateur
d’enfants. Il s’agit du prêtre italien
de Turin, don Bosco.
Les actes de canonisation mentionnent à plusieurs
reprises le nom du chien : il
Grigio. Les biographes de don Bosco,
en évoquant il Grigio, parlent d’un «
défenseur inattendu envoyé par le Ciel »
. Don Bosco rejoint ces biographes, puisqu’en 1872,
à la question posée par la baronne A. Fassati
sur l’origine du chien, il répondit: «
Dire qu’il s’agit d’un ange ferait rire.
Néanmoins on ne peut prétendre que c’est
un chien ordinaire »
.
Il en parlait souvent lors
de ses voyages, notamment à Paris, et son biographe
Desramaut, avance même le chiffre de 100 fois
! Et voici le contexte de l’intervention
salvatrice du chien :
Prit
dans la lutte contre les protestants, Vaudois et libéraux,
don Bosco ne se permettait aucun compromis
à leur égard. Dans ses écrits, il
attaquait de plein front ces "ennemis" de l’Eglise
catholique et se créa ainsi beaucoup d’ennemis
personnels qui cherchaient à plusieurs reprises
d’attenter à la vie de don Bosco. Lors d’une
leçon de catéchisme, en pleine chapelle,
on lui tira dessus, une autre
fois un fou voulu le tuer avec un couteau de boucher,
une autre fois encore on lui fracasse le pouce gauche
par un coup de bâton. Don Bosco,
malgré tous ces risques, ne voulait pas épargner
sa vie, et il allait jour et nuit confesser, passant par
des lieux peu sûrs. Sa vie, régulièrement
mise en danger, était aussi la proie de malfaiteurs
qui n’avaient pas hésité à
payer des truands pour le tuer.
Lorsqu’on voulait prendre
des armes pour le défendre, don Bosco ne le permettait
pas. C’est alors qu’apparaît un soir
un chien gris. «
D’où venait-il et quel était son maître
? Personne ne l’a su, et pas plus don Bosco que
les autres »
. Le chien fut prénommé
Il Grigio par don Bosco lui-même (l’gris en
piémontais) à cause de son poil gris. La
première fois qu’il lui apparut, lors de
l’automne 1852, don Bosco prit peur
et éprouva de la crainte, mais voyant que la bête
remuait la queue et qu’elle acceptait les caresses,
il se ravisa et se laissa accompagner par le molosse en
le caressant de temps à autre. «
Tous les soirs que don Bosco rentrait tard et seul chez
lui (…) son compagnon l’attendait à
un détour de rue ou à un carrefour solitaire,
et lui faisait la plus amicale des compagnies »
.
A
trois reprises, clairement attestées et documentées
par des témoignages dans les Actes de canonisation,
il Grigio (cf. fig. n° XXIX) sauva la vie du saint.
En novembre 1854, il Grigio sauve don Bosco d’un
guet-apens, alors que deux hommes voulaient l’encapuchonner
pour l’emmener et le tuer. Une autre fois, tout
une bande de vauriens tente d’agresser don Bosco
avec des matraques. Là encore c’est il Grigio,
ce chien dont le « bonheur était de se laisser
caresser par des enfants et, plus encore, par son maître
d’adoption »
qui le sauve in extremis ! Un dernier cas intéressant
est celui d’une préméditation, «
une intuition merveilleuse »
de la part du chien à propos de ce qui aurait pu
advenir à son maître.
Un
soir en effet, alors que don Bosco comme à son
habitude devait sortir de l’orphelinat pour se rendre
en ville, il Grigio sans raison apparente se poste devant
la porte de sortie de l’orphelinat et empêche
don Bosco de sortir. Sa mère voyant la scène
et commençant à faire confiance au chien,
déconseille à son fils de quitter la maison,
lui disant «
Si tu ne veux pas m’écouter, écoute
au moins cette bête ; elle a plus de raison que
toi ».
Heureusement don Bosco suit les conseils
de sa mère et de son chien et apprend à
peine un quart d’heure plus tard par la bouche d’un
voisin « qu’on
avait vu rôder non loin de sa porte trois ou quatre
hommes, vrais bandits, qui avaient l’air de préméditer
un mauvais coup »
.
Il
Grigio n’acceptait jamais de récompense et
ne mangeait rien, chose étonnante
et rarissime pour un chien, et
disparaissait rapidement après avoir commis sa
bonne action. «
Il refuse tout, comme pour montrer que son dévouement
est complètement désintéressé
»
. Chose encore plus étonnante et exceptionnelle
est le fait que de nombreux témoins affirment
avoir revu le même chien, du moins de par son apparence,
une trentaine d’années plus tard.
En
effet, un soir pluvieux du 12 février 1883 dans
la région de Vallecrosia, près de Vintimille,
don Bosco et deux autres prêtres se perdent. Don
Bosco fait alors le vœu d’avoir il Grigio a
ses côtés. Son vœu est immédiatement
exaucé et il le raconte ainsi : «
Il famoso Grigio che non rideva da trent’anni!…
Si mosse precedendolo di mezzo metro, tanto da poter essere
veduto fra le tenebre… a passo lento e uniforme…
aveva cura di fargli evitare le pozzanghere».
Et don Bosco se pose la question
de l’étrange apparition de ce même
chien après tant d’années:
«Ma come va che questo
cane avrebbe ormai tanti anni… più che la
vita ordinaria dei cani ? »
.
Les attaques physiques à l’encontre de don
Bosco, les "persécutions sectaires" comme
l’écrit Auffray, cessant il était
normal que l’envoyé du ciel ne se montra
plus et disparut.
En
conclusion, l’exemple selon nous trop peu repris
et approfondi du lien qui unissait don Bosco avec son
protecteur et sauveur, il Grigio, démontre
clairement l’intérêt minime de l’Eglise
catholique pour le chien. Pourtant le
procès l’atteste et échappe à
toute contestation: le fait
qu’il Grigio apparaisse dans un laps de
temps si distant -30 ans- ne peut être qu’interprété
uniquement comme un signe de Dieu ! Dieu
se serait donc servi d’un chien. Espérons
que l’avenir saura reprendre et analyser plus en
profondeur l’élément hagiographique
du chien dans la vie de don Bosco.
«
Quand un chiot se retourne sur le dos, devant un adulte,
ou qu’un chien dans la force de l’âge
se met ventre en l’air et présente, pattes
écartées, son estomac à un être
humain, c’est un signe évident de soumission.(…)
Au risque de choquer, je prétends que cette attitude
se rapproche du comportement de certaines communautés
religieuses, en particulier des chrétiens. Quand
nous nous adressons à Dieu, nous l’appelons
"Notre Père". Nous tombons à genoux
et nous levons les yeux au ciel pour le prier. Ainsi nous
nous rapetissons devant Lui, nous tentons de ressembler
au mieux à des enfants. Des enfants soumis qui
Le contemplent d’en bas. De plus ces prières
ont lieu à des heures bien précises. Pour
les chiens aussi, le rituel du "ventre en l’air"
survient de façon régulière »
.
Notes
:
(1)
LINZEY Andrew, « Christianity and the Rights of
Animals », in : The Animals’Voice magazine,
Los Angeles, August 1989, p. 45. Il est repris par REGENSTEIN
Lewis G., op. cit., p. 57.
-----
(2) Concernant l’iconographie
du Moyen Age, nous nous référons à
REAU Louis, iconographie de l’art chrétien
: Iconographie des Saints, tome III,PUF, Paris, 1958.
-----
(3) Ce n’est pas
le sujet de ce mémoire d’entrer dans le débat
autour de la possible inspiration du culte de S. Guinefort
par un vieux fonds légendaire indo-européen
d’origine indienne datant du VI°s. av. J.-C.,
cf.
AUBERT R. article « Guinefort », in : AUBERT
R. (dir.), Dictionnaire d’histoire et de géographie
ecclésiastiques, Tome XXII, Letouzey et Ané,
Paris, 1988, pp. 1097 - 1099.
-----
(4) D’après
l’original « suaviter dormientem »,
cf : BOURBON Etienne (de), « De adoratione Guinefortis
canis », in : SCHMITT Jean-Claude, Le Saint
Lévrier -Guinefort, guérisseur d’enfants
depuis le XIII°siècle (Bibliothèque
d’ethnologie historique), Flammarion, Paris, 1979,
p. 13. Cette étude représente un chef-d’œuvre
de l’ethno-histoire. Schmitt ne s’est pas
contenté de retraduire et d’analyser le texte
latin d’Etienne de Bourbon, mais il a également
montré les réminiscences et la persistance
du culte de saint Guinefort jusqu’au début
du XX°siècle.
-----
(5) « Castro autem
divina voluntate destructo, et terra in desertum redacta
est, ab habitatore relicta », selon le manuscrit
De adoratione Guinefortis canis d’Etienne
de BOURBON repris par SCHMITT J.-C., ibid., p. 14.
-----
(6) Ainsi encore en 1940
on a noté la présence au lieu de culte d’une
grand-mère venue demander à saint Guinefort
la guérison d’un de ses petits enfants !
De même lors des dates de 1632, 1826, 1877 et 1886
le culte est bien attesté et fréquenté
par les habitants, cf. SCHMITT J.-C., op. cit., pp. 181-192.
-----
(7) VAUCHEZ André,
«Roch », in : VAUCHEZ A. (dir.), Histoire
des saints et de la sainteté chrétienne
-Une église éclatée (1275-1545),
Tome VII, Hachette, Paris, 1987, p. 219.
-----
(8) VAUCHEZ André,
La sainteté en Occident aux derniers siècles
du Moyen Âge, Ecole française de Rome,
Rome, 1981, p. 117.
-----
(9) Les éléments
biographiques de saint Roch ne sont pas seulement «
insufficienti ma anche molto tormentati, aporetici e non
privi di anacronismi », cf. FANELLI Angelo, «
Le due più antiche biografie del ‘400 su
san Rocco », in : TURI Tommaso (a cura di), Quaderni
della Chiesa Madre, Noci (I), n°7, 1996, p. 3.
-----
(10) FLICHE Augustin,
« Le problème de saint Roch », in :
Analecta Bollandiana -Mélanges Paul Peeters,
Tome LXVIII, Société des Bollandistes, Bruxelles,
1950, p. 343.
-----
(11) VAUCHEZ A., op.
cit. (1987), p. 219.
-----
(12) Article «
Roch » in : Petit Larousse illustré,
librairie Larousse, Paris, 1972, p. 1648.
-----
(13) GIRY R.P., Vie
des Saints et des personnages morts en odeur de sainteté,
Tome III, Berche et Tralin Libraires-Editeurs, Paris,
1875, p. 930.
-----
(14) GIRY R.P., ibid.,
p. 931. L’auteur ne tranche pas entre les deux papes,
mais il situe la rencontre après 1304.
-----
(15) Selon Giry, saint
Roch meurt à Montpellier, mais d’autres traditions
le font mourir à la forteresse d’Angera,
au bord du lac Majeur, cf. VAUCHEZ André (dir.),
Dictionnaire encyclopédique du Moyen-Age,
tome II (L-Z), Editions du Cerf, Paris, 1997, p. 1330-1331.
-----
(16) GIRY R.P., op.
cit., p. 935.
-----
(17) VAUCHEZ André
(dir.), op. cit. (1997), p. 1331.
-----
(18) Cf. MOLLAT DU JOURDIN
Michel et VAUCHEZ André, « Un temps d’épreuves
(1274-1449) » in : MAYEUR Jean-Marie (alii), Histoire
du Christianisme , tome VI, Desclée / Librairie
Arthème Fayard, 1990,
p. 548.
-----
(19) Le chien de saint
Roch reste très peu étudié. L’auteur
A. Fliche, pourtant spécialiste de l’art
religieux, ne lui consacre aucune page dans son livre
: Saint Roch (collection « L’art et les Saints
»), Henri Laurens éditeur, Paris, 1930. D’après
Fliche, le chien, à la suite de l’ange, ne
rappelant qu’un « incident » de la légende
du saint, n’est apparu sur les statuaires et les
peintures que vers la fin du XV°s. (p. 61)
-----
(20) « So rief
man den Heiligen Rochus in Weinbaugebieten um Hilfe gegen
die Reblaus an, in Aachen und Krefeld stellte man die
Pferde unter seinen Schutz, am Niederrhein bat man ihn
um die Abwendung der Schweinepest und überall, wo
bei Mensch und Tier Infektionskrankheiten ausbrachen,
erinnerte man sich seiner », cf. SCHMITZ-EICHHOFF
Marie-Theres, St. Rochus –Ikonographische und
medizin-historische Studien, Dissertation der Philosophischen
Fakultät der Universität zu Köln, Köln,
1977, p. 81.
-----
(21) Cf. VAUCHEZ A.,
op. cit. (1987), p. 223.
-----
(22) « ce chien
miraculeux qui apparaissait ainsi de façon tellement
opportune », cf. DESRAMAUT Francis, Don Bosco
en son temps (1815-1888), Società Editrice
Internazionale, Torino (I), 1996, p. 399.
-----
(23) AUFFRAY A., Un
grand éducateur : Saint Jean Bosco (1815-1888),
Emmanuel Vitte, 1929, p. 177.
-----
(24) « Dire che
sia un angelo farebbe ridere. Ma neppure si può
dire che sia un cane ordinario », don Bosco chercha
à plusieurs reprises de découvrir la provenance
du chien, mais il ne la découvrit pas, cf. BOSCO
Teresio, Vita di Don Bosco, LDC, Torino, p. 222.
-----
(25) DESRAMAUT Francis,
op. cit., p. 398.
-----
(26) N’écrivait-il
pas dans un article du journal l’Armonia
sous l’intitulé "Il mentire soprendentissimo
dei giornali protestanti" : « Quand nous prenons
en main les feuilles protestantes et y jetons un coup
d’œil, un mouvement d’indignation spontanée
nous les fait jeter au loin. Nous sommes forcés
de nous écrier: Est-il possible que ces hommes
soient dénaturés au point de faire aussi
ouvertement commerce de la fausseté et du mensonge
! », cf. Armonia , 26 août 1854,
p. 482. Repris par DESRAMAUT Francis, ibid., p. 396.
-----
(27)
VILLEFRANCHE J.-M., Vie de dom Bosco,
Paris, 1888, p. 97 ; dans ses Mémoires don Bosco
dira : « Di quando in quando mi veniva il pensiero
di cercare l’origine di quel cane… Io non
so altro che quell’animale fu per me una vera provvidenza
», cf. Actes de don Bosco, volume IV, p.
178.
-----
(28) Il Grigio
sera appelé par Marguerite, la mère de don
Bosco, « la brutta bestiaccia », cf. Actes
de don Bosco, volume IV, p. 712.
-----
(29) AUFFRAY A., Un
grand éducateur : Saint Jean Bosco (1815-1888),
Emmanuel Vitte, 1929, p. 178.
-----
(30) DESRAMAUT Francis,
op. cit., p. 399. Il reprend les Memorie dell’Oratorio
252/441 et 253/459.
-----
(31) VILLEFRANCHE J.-M.,
op. cit., p. 100.
-----
(32) VILLEFRANCHE, op.
cit., p. 101.
-----
(33) VILLEFRANCHE, ibidem.
-----
(34) Cf. Actes de
don Bosco, volume XVI, p. 36.
-----
(35) MARSHALL-THOMAS
E., La vie secrète des chiens, Edition
Robert Laffont, Paris, 1995, p. 26.
-----
|