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Saint-François
d'Assise
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Chers
frères et sœurs,
Frères
et sœurs, car partageant ensemble cette même
petite planète
bleue. Comment recevez-vous ces
textes ? Comment les avez-vous entendus ? Ces
textes ne sont pas innocents, vous le savez, ils
nous viennent d’une longue tradition, inscrite
dans le Livre des livres, la Bible. Comment résonnent-ils
en vous ?
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Et
puis comment vous situez-vous ? Faites-vous partie
de ces fidèles paroissiens qui viennent ici
régulièrement pour s’abreuver
à cette Source : Parole de Dieu et Eucharistie,
Corps du Christ…ou faites-vous partie de la
catégorie ici présente des curieux,
qui ont pris connaissance des affiches, voire de
l’article de presse de la Riviera de vendredi
passé, et qui se sont dit : «
Pourquoi n’irais-je pas assister à
une messe et à une bénédiction
des animaux dans cette belle église de Montreux
» ou encore, et c’est
la dernière catégorie, faites-vous
partie de ceux qu’on appelle les amis des
animaux, et vous avez voulu être solidaires
de la gent animalière en vous montrant à
ses côtés avec votre animal de compagnie.
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Catégorie
différente, attentes et motivations diverses, horizons
multiples, nous voilà pourtant tous ici, bien présents.
C’est cela aussi l’Eglise, Peuple de Dieu.
Nous constituons ensemble l’humus, une terre qui
reçoit de part et d’autre pluie, grêle,
neige, soleil. Et nous ne sommes pas seuls à recevoir
la pluie, la grêle, le soleil. Ce
monde, Dieu l’a créé,
comme nous venons de l’entendre dans notre première
lecture, lecture du jour, pour qu’il soit habité
et qu’il ne soit pas vide. De même n’est-il
pas bon que l’Homme, le genre humain, soit seul.
Si les Chrétiens se réunissent une fois
par semaine le dimanche, c’est justement pour rompre
une solitude spirituelle, pour prier ensemble en communauté,
en communion. Ensemble, comme nous venons de le faire
auparavant dans nos demandes de pardon, nous prions, nous
intercédons pour l’autre.
Aujourd’hui, la plupart d’entre nous disposons
de téléphone, de fax, d’ordinateur,
d’adresse e-mail. Nous pouvons donc à tout
instant rompre notre solitude et être reliés
avec le monde entier, avec notre voisin de Chine ou d’Egypte.
Nous avons tous également une télé,
une radio, qui nous mettent tout de suite au courant de
ce qui se passe dans le monde. Sommes-nous
pour autant plus proches les uns des autres ? Qu’en
pensez-vous ? J’en doute ! La communication moderne
est un leurre. Elle aimerait faire oublier à travers
la technologie que l’Homme a besoin de l’autre,
elle aimerait lui faire croire qu’il est suffisant
d’être lié à une machine, à
un ordinateur, à une télé pour vivre.
Pas besoin des êtres humains, encore moins d’autres
êtres vivants. Le film sorti à grand renfort
de publicité, Terminator III, le montre bien. La
fin du monde, ce n’est pas l’homme contre
l’homme, mais bien plus la machine contre l’homme.
L’homme qui oublie d’où
il vient. L’homme qui oublie l’autre, le Tout
autre, je veux nommer Dieu et l’autre, l’animal.
Quoi ? me diriez-vous, on est ici dans une église
qui a ouvert ses portes aux animaux, une église
qui réactualise le rituel de bénédictions
des animaux et on prétend qu’on oublie les
animaux ? Oui, l’animal
en ce XXIè siècle est une fois de plus oublié
et exploité.
Oh ! bien sûr, il ne s’agit pas ici de nos
animaux domestiques, chiens, chats ou hamster –
et encore Monsieur Debrot, président de la SVPA
pourrait facilement nous contredire – preuves à
l’appui – mais de tous ces autres animaux
qui sont en voie d’extinction, qui vont être
exterminés de la surface de la terre, notre petite
planète bleue commune. Et ils sont nombreux. Aujourd’hui,
sur les quelques 1,7 millions d’espèces connues,
plus de 11000 espèces de plantes et d’animaux
sont menacés d’extinction à court
terme. Ainsi, selon l’Union Mondiale pour la Nature,
2 ou 3 espèces disparaissent en effet toutes
les heures. Si ce rythme n’est pas arrêté,
la moitié des espèces de la Terre disparaîtra
tout au long de ce XXIè siècle.
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Et
puis il y a aussi tous ces animaux qui
meurent dans les guerres des hommes.
Là aussi, on compte des milliers de victimes
innocentes. Et puis, il y a ces fameuses catastrophes
pétrolières. Combien d’oiseaux
se trouvent emprisonnés dans les nappes
de l’or noir et meurent asphyxiés
dans une longue agonie ? Et enfin, comment ne
pas aborder aussi le thème de l’élevage
industriel où l’animal n’est
plus qu’une marchandise quelconque qui n’a
quasi aucun prix ?
Levoli Sun
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«
Tes œuvres, Seigneur, tu les as toutes faites
avec sagesse. Tous comptent sur toi pour leur
donner en temps voulu la nourriture »
dit notre psaume. L’animal, nous
dit la Bible, n’est donc pas un objet à
la merci de l’Homme, il a une valeur en
soi ! J’entends ici certains d’entre
vous me dire qu’on exagère. «
Oui, c’est vrai, oui, il y a la souffrance
des animaux, mais il y a encore beaucoup trop
de souffrances des Hommes. Alors, laissons les
animaux de côté et pensons d’abord
aux hommes, aux enfants qui meurent de faim ».
J’entends bien cette
phrase, je la reçois avec peine et amertume.
Mais pourquoi la compassion ne serait-elle pas
universelle, ne pourrait-elle pas englober tous
les êtres ? Pourquoi doit-on opposer l’un
contre l’autre, l’Homme contre les
animaux ? Pourquoi ne pourrais-je pas aider d’un
côté l’homme et de l’autre
l’animal. En sachant encore plus que l’animal
n’a personne pour le défendre et
qu’il est totalement à la merci de
l’Homme. L’animal
a une valeur en soi. il a sa propre dignité.
Dieu a créé le chat pour qu’il
marche. je n’ai pas le droit de lui couper,
selon mon humeur du moment, comme cela me chante,
ses pattes.
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Konrad
Lorenz |
Saint
François est peut-être
un des premiers « hommes modernes »
a voir pressenti cette fraternité cosmique,
c’est-à-dire, chaque être vivant
est lié d’une certaine manière
à l’autre. il a ressenti cela au XIIè
siècle. Et la science moderne lui donne raison.
En effet, l’éthologie, l’étude
du comportement animal – suite aux découvertes
de Konrad Lorenz, nous montre que les barrières
entre l’animal et l’homme sont plus
petites qu’imaginées. Et puis, il y
a les avancées de la génétique.La
génétique nous montre que nous, c’est-à-dire
l’Homme, ne sommes pas si différents
de l’animal qu’on aurait pu penser.
Oui, j’ose dire en chaire, que l’Homme
partage 98% de son patrimoine génétique
avec le chimpanzé.
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Et
je m’en réjouis ! Car cela prouve qu’il
y a une unité, unité dans le créé.
Que cette unité, voulue par Dieu – je l’affirme
en tant que croyant – exige une solidarité
entre tous les êtres vivants. il y a la chaîne
du bonheur. Eh bien ! Dans cette chaîne les animaux
doivent également y trouver leur place.
C’est
cette unité qui amènera la paix, paix universelle
entre tous les êtres comme nous le prédit
notre merveilleux texte d’Isaïe : «
Le loup habitera avec l’agneau, le léopard
se couchera près du chevreau. Le veau et le lionceau
seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira
». Ce qui est affirmé
dans notre texte n’est pas un conte, une belle petite
histoire, ce qui est dit là est appelé à
devenir réalité. Oui, sachons chers frères
et sœurs, prier pour cette unité de tous les
êtres vivants. Sachons remercier Dieu pour cette
diversité de tous les êtres créés
– chacun avec sa spécificité - . Sachons
enfin ne plus mettre seulement l’Homme en avant
au détriment des autres êtres créés.
les « tout-petits »
de l’évangile, ce sont peut-être
eux, les animaux, nos humbles frères. Amen.
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