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"C'était
par un beau clair de lune et dans la solitude profonde
de la nuit. Tout à coup, un chien sortant
de dessous les vêtements d'un cadavre s'élança
sur nous et retourna aussitôt à son
gîte en poussant des cris douloureux. il léchait
tout à tour le visage de son maître
et se lançait de nouveau sur nous ; c'était
tout à la fois demander du secours et chercher
la vengeance. Soit disposition du moment, soit le
lieu, l'heure, le temps, l'acte en lui-même,
ou je ne sais quoi, toujours est-il vrai que jamais,
sur aucun de mes champs de bataille, fait ne me
causa une impression pareille. Je m'arrêtai
involontairement à contempler ce spectacle.
Cet homme, me disais-je, a peut-être des amis,
il en a peut-être dans le camp, dans sa compagnie,
et il gît ici, abandonné de tous, excepté
de son chien ! Quelle leçon la nature nous
donnait, par l'intermédiaire d'un animal".
(Napoléon Bonaparte, sur le champ de bataille
de Bassano. Cité par BETEILLE Roger, Histoire
de chien Collection QSJ, n° 552, p. 85) |
Bonaparte
au pont d’Arcole
17 novembre 1796
Antoine Jean Gros -1801 |
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"On a le sentiment
gênant que devant l'évolution des esprits
vis-à-vis des animaux, l'Eglise enrage, se bute
et durcit ses mots d'ordre. Car - ne nous leurrons pas
- non seulement on n'a pas progressé, mais on s'est
enfoncé un peu plus dans la boue : dans mon enfance,
en effet, s'il est vrai qu'on apprenait aux petits catholiques
que Dieu n'avait créé les animaux que pour
nourrir l'homme et le servir, ces leçons n'allaient
quand même pas jusqu'à donner le feu vert
aux combats de coqs et aux férias; aimer son petit
chien n'était pas un péché, ni une
indignité de verser son obole à un refuge
de la SPA. Elles ne soutenaient pas implicitement le port
d'un manteau de blanchon".
(LINDBERG Alika, "Catéchisme et animaux",
dans : Journal Franz Weber, juil-sept. 1996, n° 37,
p. 7-8)
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"Renier
la dignité de la créature animale,
c’est renier l’humilité de la
créature humaine, c’est renier la gloire
inégalable du Dieu créateur pour s’arroger
une gloire humaine qui se transformera aussitôt,
puisqu’elle n’est pas due à l’homme
en bassesse inhumaine"
Otto Schaeffer, L’expérimentation sur
les animaux vivants. Problème d’éthique
chrétienne, mémoire de maîtrise
en théologie protestante. Université
de Strasbourg 1981, p. 222 |
"Très souvent on pose la question : pourquoi la compassion
pour la vie animale n'a-t-elle pas fait l'objet
d'un commandement du Christianisme, alors que
la loi juive contient déjà maintes
dispositions en faveur des bêtes ? Il faut
en chercher l'explication dans le fait que le
Christianisme primitif vivait dans l'attente de
la fin imminente du monde et que, par conséquent,
le jour est proche où toute créature
sera délivrée de ses souffrances."
(SCHWEITZER Albert, Humanisme et mystique, Editions
Albin Michel, Paris, 1995, p.116)
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10
clés pour entrer
dans la Bible
Jacques Vermeylen
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"Et
si les chiens, eux aussi, avaient accès à
la conscience, à la pensée, aux sentiments...
Et si les chiens étaient, comme on dit, "intelligents"?
(...) "Anthropomorphisme" diront les bonnes
âmes. Le grand mot est lâché.
Car, aujourd'hui encore, la conviction est tenace,
et même chez certains scientifiques, que seuls
les êtres humains sont capables de penser
et d'éprouver des sentiments. Vieille croyance
d'origine essentiellement religieuse : dans la Genèse,
Dieu n'a-t-il pas créé l'homme à
son image, en le dotant, et lui seul, d'une âme
? Naturellement, cette lecture "intégriste"
de la Bible est de moins en moins pratiquée.
Mais on peut en retrouver des réminiscences
même chez des scientifiques, qui s'en tiennent
à cette affirmation péremptoire :
aux hommes l'intelligence, aux animaux l'instinct.
Ce qui n'empêche pas lesdits scientifiques
de reconnaître que l'intelligence et la conscience
de l'homme ont été acquises au fil
d'une longue évolution. Ce qui n'empêche
pas non plus d'admettre que l'étude de l'univers
mental et du comportement des animaux, l'éthologie,
est un champ de recherche scientifique parfaitement
légitime."
(VERMEYLEN J., Du Prophète Isaïe à
l'Apocalyptique, Tome I, J. Gabalda, Paris, 1977,
p. 275, note 2 |
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"O
Seigneur Bon Dieu", dit le chien, "ça
ne fait rien qu'il (=la dernière oeuvre de
Dieu, l'Homme) soit raté pourvu que je puisse
le suivre partout où il va et me coucher
devant lui quand il s'arrête". Alors
le Bon Dieu fut émerveillé d'avoir
créé une créature si bonne
et il dit au chien : "Va ! Qu'il soit fait
selon ton coeur". Et rentrant dans son atelier,
Il créa l'homme".
(Cf. NOËL Marie, Contes, Edition Stock, Paris,
1949, p. 88-89) |
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Le
philosophe allemand Schopenhauer, pour qui
les Egyptiens avaient une morale moins hypocrite
que les judéo-chrétiens, a
écrit dans son fondement de la morale,
que pour les Egyptiens et principalement
pour les prêtres, " la religion
était l'affaire de l'unique vie,
ils déposaient dans les mêmes
tombeaux les momies humaines et celles des
ibis, des crocodiles, etc. : mais en Europe
, ce serait une abomination, un crime, d'enterrer
le chien fidèle auprès du
lieu où repose son maître,
et pourtant c'est sur cette tombe parfois
que, plus fidèle et plus dévoué
que ne fut jamais un homme, il est allé
attendre la mort ".
Arthur Schopenhauer, Le fondement de la
morale, Librairie Générale
Française, Paris, 1991, p. 196 |
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